• Jacky MEUNIER
    Cohorte migrante

En assistant à la démolition de certaines vieilles maisons bourgeoises sur Rennes, j'ai été frappé par la beauté de certains blocs et de ce qu'ils contenaient de travail bien fait. Puis, intuitivement, en parcourant le chantier, je me mis à ramasser les morceaux de carrelage et de faïence qui y trainaient.
Ce n'est qu'après, en travaillant sur les phénomènes migratoires auxquels l'actualité nous confronte que j'ai eu l'idée de faire voyager, non pas les hommes, mais leur culture.J'avais dans ces matériaux glanés sur ces démolitions des morceaux de vie, et j'allais, ainsi que sont contraints de le faire ces personnes qui quittent leur pays, reconstruire à partir de ces éboulis de culture.
Qui plus est, en prenant des matériaux de chez nous, je suggérais aussi que nous sommes tous enfants, petits-enfants... et même si on veut bien le voir, parents de migrations ou de brassages. Réveiller cette conscience m'était tout d'un coup nécessaire afin de susciter quelques sursauts d'indulgence vis à vis de ceux qui répondent, sous nos yeux, à l'urgence migratoire de leur pays et qui sont ici, si facilement décriés, déshumanisés.